Témoignage de Sylvain Lapierre

Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle.

Jn 3, 16

Je me présente devant vous aujourd’hui en tant que pécheur, en tant que pécheur pardonné. Oui je suis pardonné parce que j’ai cru. J’ai cru en qui ? En Christ, le Verbe fait chair, La Parole faite chair. J’ai cru en quoi ? J’ai cru qu’il est la vérité et qu’il a prié afin que nous soyons consacrés dans cette vérité :

Ils ne sont pas du monde, tout comme moi, je ne suis pas du monde. Consacre-les par ta vérité ! Ta parole est vérité. Tout comme tu m’as envoyé dans le monde, je les ai moi aussi envoyés dans le monde, et je me consacre moi-même pour eux afin qu’eux aussi soient consacrés par la vérité.

Jn 17, 16-19

Au verset 17, Jésus demande au Père: « Consacre-les par ta vérité ! Ta parole est la vérité ».

Le mot « consacrer » vient du Grec Agiadzo [hag-ee-ad’-zo], qui veut dire :

1. Séparé des choses profanes et dédié à Dieu

2. Purifier

3. Purifier par expiation : libéré de la culpabilité du péché

4. Purifier l’intérieur par le renouvellement de l’âme

C’est la Parole de Dieu qui m’a ouvert les yeux, c’est sa Parole qui m’a libéré et régénéré, c’est sa Parole qui nous demande de nous séparer de ce qui est ténèbres, c’est sa Parole qui éclaire mon chemin. Elle est cette « véritable lumière qui éclaire tout homme venant dans le monde. » (Jn 1, 9)

Je suis né au Québec dans une famille catholique pratiquante. Nous étions des « cathos du dimanche » avec des valeurs catholiques. Mon père était un charpentier menuisier qui travaillait durement pour subvenir aux besoins de la famille. Par manque de travail local, il partait au loin pendant des mois, jusqu’à six mois consécutifs. Ma mère gérait la maison, du mieux qu’elle le pouvait, pendant les périodes d’absence du paternel. Mes parents vivaient leur propre expérience de couple, de famille, de labeur. C’était difficile par moments, plus heureux à d’autres moments. J’étais le dernier de 5 enfants. Avec leurs lots de problèmes, les enfants grandissaient en faisant aussi leurs propres expériences, avec les blessures que la vie leur infligeait : drogue, vol, avortement, départ de la maison, alcool etc…, bref, tout ce qu’une famille pouvait vivre. Nous étions également entourés d’amis et de prêtres de la paroisse qui venaient de temps à autre, car la maison était ouverte à tous. Nous vivions notre foi comme la plupart des gens de notre époque : chacun faisait de son mieux pour réussir sa vie avec le moins possible de coup et blessures, avec un fond de religion catholique, la messe le dimanche et la prière du chapelet lorsque nous étions petits…

Tout cela, jusqu’au jour où notre papa a appris qu’il avait un cancer aux poumons et qu’il n’en avait que pour environ 6 mois à vivre. Il avait seulement 47 ans. Le Seigneur s’est servi de cet évènement dramatique pour nous interpeler, chacun à son rythme. Au cours d’une soirée de prière, notre Dieu a accordé un sursis de 7 ans à mon père.

C’est au cœur du renouveau charismatique catholique que nous avons rencontré le Christ Vivant et agissant. J’avais 16 ans à l’époque. J’étais attiré par la louange et la vie dans l’Esprit. J’ai alors demandé à mes parents si je pouvais rassembler des jeunes pour prier à la maison. Une expérience de foi chrétienne a débuté pour nous. Nous allions évangéliser partout où l’on nous demandait : places publiques, écoles, prisons, etc. Notre groupe de jeunes a grandi pour devenir un centre de prière qui rassemblait jusqu’à 200 personnes par fin de semaine de retraite avec prédicateurs, louanges, témoignages et prières.

Je me suis alors marié. C’était le temps de prendre ma vie en main, de fonder ma famille. Mais je donnais très peu de place à Dieu. Je croyais que j’avais beaucoup donné pour Dieu et que maintenant Dieu s’occuperait de tout. J’étais engagé dans l’église catholique, mais sans être totalement consacré à Christ. Je menais une double vie, en quelque sorte. Une partie en moi demeurait ma propriété. Ce fut la catastrophe. Avec ma femme, nous passions par toutes les situations dramatiques qu’un couple peut passer lorsqu’il ne s’occupe pas de Celui qu’il est appelé à servir. Le divorce est arrivé en 2005, après 21 ans de vie commune et quatre belles grandes filles.

Quelques mois avant le divorce, le Seigneur m’avait averti que je souffrirais beaucoup, mais je ne savais pas à ce moment là qu’un divorce arrivait. Je sentais que tout me glissait entre les mains, puis ça a été la déchirure. Avant, pendant et après le divorce, je ressentais toutes sortes d’émotion: la colère, la dépression, le désir de mourir, la guerre avec Dieu. Jusqu’au jour où j’ai décidé de rendre les armes. Je partageais haut et fort que j’étais couché dans le fond du navire, j’attendais que la tempête se termine et que je puisse accoster sur une île tranquille.

Je me retrouvais régulièrement seul face à face avec moi-même, même si j’avais deux de mes filles avec moi, une semaine sur deux. J’ai passé 6 ans de ma vie dans cette solitude, à chercher si Dieu était vraiment ce que je croyais. Je ne voyais pas comment Dieu me guidait et m’interpelait. Il était là, mais je ne le voyais pas agir, je ne sentais pas sa présence. Je faisais plein de « trucs » pour essayer de m’en sortir. Dire mon chapelet, aller à la messe, demander pour moi des neuvaines de toutes sortes : neuvaine à St-Joseph, neuvaine à Ste Thérèse, neuvaine de messe, neuvaine à « Marie qui défait les nœuds », etc, etc, etc. Quels étaient les fruits de tous ces chapelets, de ces prières faites aux saints, de ces médailles qu’il fallait porter sur soi pour être protégé ? Je me posais beaucoup de questions sur ces rituels et sur les sacrements.

Rien ne « fonctionnait» pour moi, alors je me suis abandonné, tant bien que mal, à ce que Dieu voulait pour moi. J’étais proche de la communauté des frères et des sœurs de St-Jean qui s’était installée à st-Jérôme. Depuis plusieurs années, j’étais Oblat de St-Jean, donc lié spirituellement à la communauté, et je continuais d’œuvrer au sein de l’église : j’étais engagé dans l’animation des messes en paroisse, je participais à des soirées de prière charismatique que j’animais aussi de temps à autre.

Au travers de toute cette période de combat intérieur, de recherche de la présence de Dieu, j’ai fait la magnifique rencontre de « sœur Marie-Laure » qui était arrivée dans la communauté des sœurs de St-Jean à Saint-Jérôme en 2008. A quelques reprises, Marie-Laure me laissait entrevoir des combats et des questionnements qu’elle vivait intérieurement. Une amitié s’est créée entre nous dans la prière. Je priais pour elle et elle priait pour moi afin que l’un et l’autre, nous puissions discerner la volonté de Dieu dans nos vies.

En 2009, suite aux sanctions de Rome contre sa communauté, Marie-Laure s’est engagée sur un discernement profond de vocation, jusqu’à sortir de la vie religieuse, après avoir été dispensée de ses vœux. De mon coté, l’église catholique a reconnu la nullité de mon mariage, sur le rapport de plusieurs témoins. Marie-Laure et moi avons donc décidé de discerner si le Seigneur serait d’accord pour bénir notre mariage. Et bien oui, il nous l’a montré clairement ! Nous nous sommes mariés en 2011, et nous étions maintenant deux à cheminer dans la foi.

A l’été 2013, avec notre petite fille et un deuxième bébé en route, nous avons quitté le Québec pour la France afin de nous rapprocher de la famille de Marie-Laure. Nous avions aussi dans notre cœur, un projet de nous former dans le renouveau charismatique. « On dit que partir c’est mourir un peu, mais s’en aller pour chercher Dieu c’est trouver la vie». C’était notre plus grand désir : celui de chercher Dieu et faire sa volonté.

Nous nous sommes installés dans notre nouveau logement en septembre, avec un peu de rénovations à faire. Avant d’entreprendre le travail de chaque jour, je décidais d’ouvrir ma bible et de prier afin que le Seigneur me parle par sa Parole et qu’il change mon cœur. Après quelques jours, Marie-Laure a demandé à se joindre à moi, j’ai accepté avec joie. Nous avons plongé ensemble dans la Parole de Dieu.

Je peux vous dire qu’on ne s’attendait jamais à vivre un tel changement de cap dans notre vie. Les jours passaient, et notre vie de foi se transformait. Plus nous avancions dans la lecture de la Bible, plus nous avions le goût de lire, de comprendre ce que la Parole nous disait, et de creuser ce que nous étions en train de découvrir. Chacun avait sa version de la Bible (Louis segond, Semeur, Vie Nouvelle, français courant, Osty, Bible de Jérusalem, etc), un dictionnaire biblique, le Catéchisme de l’église catholique, un livre de Alfred Kuen sur « comment étudier la bible » et d’autres commentaires. Nous avons également commencé à écouter un séminaire de 13 leçons  sur l’herméneutique (l’interprétation biblique), qui était donné par un bibliste américain, Dr Bob Utley. Claire, la sœur de Marie-Laure, a été interpelée par notre démarche. Avec elle, nous avons continué à chercher la vérité dans la Parole de Dieu, en priant l’Esprit Saint, en remettant notre foi devant Dieu.

Nous avons décidé de ne plus lire la Parole de Dieu à partir de ce que nous croyions mais bien de « CROIRE A PARTIR DE CE QUE NOUS LISIONS ».  Les règles de l’interprétation biblique sont très claires là-dessus. Scruter les Ecritures, c’est prendre le texte dans son contexte, pour ne pas en faire un prétexte qui viendrait appuyer ce qu’il nous plait de croire. C’est interpréter une phrase en tenant compte du paragraphe qui la contient, puis le chapitre, puis le livre tout entier, et finalement voir le livre en lien avec toute la bible. Une phrase ne peut contredire un paragraphe, et un paragraphe ne peut contredire un livre, et un livre de la bible ne peut contredire la bible dans son ensemble. Et puis, lorsque nous lisons la Bible, nous devons toujours nous poser des questions: Qui a écrit cette épitre ou cet évangile, à qui l’auteur a t-il écrit, en quelle année, ainsi que d’autres questions qui peuvent grandement nous éclairer. Sans oublier l’apôtre Jacques lorsqu’il nous interpelle dans son épitre :

Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, et qui, après s’être regardé, s’en va, et oublie aussitôt quel il était. Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’œuvre, celui-là sera heureux dans son activité.

Jc 1, 22-25

Toute cette recherche de vérité que nous avons expérimentée en scrutant les Ecritures nous a transformés comme jamais auparavant. La Bible ne nous dit-elle pas :

Demandez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, celui qui cherche trouve, et l’on ouvre à celui qui frappe.

Mt 7, 7-8

Le christ ne disait pas à ceux qui le suivaient : « Allez consulter les théologiens ou les spécialistes des Ecritures afin de comprendre ce que mon Père attend de vous !». Il disait plutôt :

Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez, et cela vous sera accordé.

Jn 15, 7

Un verset résume très bien ce que nous avons vécu alors, la régénération par la Parole :

Vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu.

1 P 1, 23

Plus notre recherche avançait, plus cela devenait clair, et plus un choix s’imposait à nous : il fallait quitter l’église catholique. Quitter l’église catholique avec toutes ses traditions qui ne sont que des traditions d’hommes :

Ce peuple m’honore des lèvres, Mais son cœur est éloigné de moi. C’est en vain qu’ils m’honorent, En donnant des préceptes qui sont des commandements d’hommes. Vous abandonnez le commandement de Dieu, et vous observez la tradition des hommes.

Mc 7, 6-8
Quitter toutes ces fausses doctrines qui tiennent les enfants de Dieu dans les chaines du « faire et ne pas faire », quitter une pratique religieuse qui est la raison d’être de l’église catholique et de sa structure, avec le pape, les évêques, les prêtres, les religieux et les religieuses.

En 2014, quelques mois après le début de nos recherches, nous avons donc quitté l’église catholique puisque nous étions certains qu’elle n’était pas fidèle à la parole du Maitre. « Sola Fidei », « Sola gratia », « Sola Scriptura ». Contrairement à ce que l’église catholique enseigne, nous sommes sauvés par le seul moyen de la foi, par la grâce seule, et en nous appuyant sur la seule autorité de la Parole.

Cette recherche nous a conduits à recevoir le baptême d’eau en 2017. Le baptême, ce n’est pas pour être fait enfant de Dieu, car enfant de Dieu nous le sommes, comme il est écrit au premier chapitre de Jean :

Mais à tous ceux qui l’ont reçue, à ceux qui croient en son nom, Elle (La Lumière, La Parole) a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu.

Jn 1, 12
J’ai reçu le baptême par immersion au sein de l’église évangélique, même si j’avais été baptisé dans l’église catholique 10 jours après ma naissance. Mais ce premier baptême n’était pas conscient ni volontaire (l’engagement de mes parents ne pouvait remplacer le mien), et il me liait aux erreurs de l’église catholique. En 2017, mon baptême, c’était pour :

1. Rendre Témoignage que Dieu m’a fait GRÂCE

2.Travailler à la GLOIRE de Dieu, le suivre, lui, le seul vrai Juste.

 

Aujourd’hui je désire ne plus pratiquer le péché. Aujourd’hui je désire appartenir à christ, lui être entièrement consacré.

Que Notre Dieu nous bénisse et nous comble de son Esprit-Saint pour ouvrir les portes du Ciel à tous ses enfants qui sont loin de lui !